Réponse de la présidente de l’association A Tire d’Aile à une émission de radio diffusée mardi 17 mai 2016

Il n’y a que 3 procédures en cours devant le tribunal des prudhommes de Châteauroux, et elles ne mettent pas en cause les conditions générales de travail mais reposent sur des problématiques individuelles. De plus, 2 d’entre elles ont d’ores et déjà été perdues par les salariées.

Les rémunérations sont définies et strictement encadrées par la Convention Collective de 66 et par une valeur de point décidée par les autorités de tutelle. L’association gestionnaire n’a aucune possibilité d’y déroger. Il en est de même pour le taux d’encadrement entre personnel et nombre de personnes accueillies. Celui de la Maison des Oiseaux est conforme à la moyenne nationale.

La Maison des Oiseaux a ouvert ses portes en juin 2007, et en presque 10 ans, il y a eu bien sur des arrivées et des départs. Parfois dans le cadre de ruptures conventionnelles, à la demande des salariés qui souhaitaient bénéficier de cet aménagement avantageux pour évoluer vers d’autres horizons.

La Maison des Oiseaux est un des premiers établissements spécialisé à avoir mis en œuvre les méthodes éducatives (Teacch et ABA) pour accompagner les personnes autistes. Méthodes recommandées depuis 2012 par la HAS (haute autorité de santé) et aujourd’hui exigées par l’ARS, notre autorité de tutelle, pour autoriser notre financement. Les principaux fondements de ces méthodes reposent sur une organisation très structurée des activités éducatives proposées aux résidents et que l’on retrouve dans les plannings journaliers.

Certains salariés, largement minoritaires heureusement, perçoivent l’application de ces méthodes comme une charge de travail trop lourde ce qui est regrettable. En effet, il est maintenant prouvé, et les progrès des résidents de la Maison des Oiseaux le confirme, que c’est à ce prix que les personnes autistes peuvent s’épanouir, et que le personnel peut lutter contre l’usure, la routine et le découragement, inhérents à un travail sans objectif ni méthode. Lors de l’embauche, il est bien précisé aux candidats qu’ils seront formés à ces méthodes, et qu’elles font partie de l’ADN de notre projet d’établissement. Si malgré tous les arguments développés pour leur en présenter le bien-fondé, ils ne les approuvent pas, alors ils sont libres de partir.

Il n’a jamais été question de rendement, de travail à la chaine ou de rythme d’usine épuisant. Les personnes autistes sont fragiles et il faut bien entendu respecter en priorité leur rythme et leur fatigabilité.

Il est en effet plus difficile de FAIRE FAIRE que de FAIRE POUR lorsque l’on accompagne des personnes handicapées, mais c’est à ce prix qu’on peut les faire progresser vers une meilleure autonomie, et surtout leur donner la possibilité d’être des acteurs de leur propre vie et non des objets passifs pour lesquels on fait tout – les accompagnements de type nursing ne laissent aucune chance aux espoir de progrès. Les familles qui nous ont confié leur enfant l’ont bien compris. Et pour encore plus de clarté, je peux vous citer la devise de la Maison des Oiseaux, que nous avons emprunté Confucius « Dis-moi et j’oublierai, montre-moi et je me souviendrai, explique moi et je saurai le faire pour toujours »

A Tire d’Aile est une association de parents qui œuvrent bénévolement depuis près de 15 ans pour créer, financer, et gérer la Maison des Oiseaux afin d’y accueillir leurs enfants dans les meilleures conditions. Le métier d’accompagnement des personnes autistes n’est pas des plus faciles ; aussi l’association n’a de cesse de mettre en œuvre tous les moyens, outils innovants et formations, et d’offrir ainsi à son personnel des conditions de travail optima.

De la même façon, si par extraordinaire des insultes pouvaient être proférées par qui que ce soit envers une personne de l’établissement – employé ou résident, il est évident que l’auteur de ces propos serait immédiatement recadré et/ou sanctionné car ceci est intolérable.

Et enfin, La Maison des Oiseaux n’est pas située dans un endroit reculé mais à 20mn à pieds du centre-ville. Le site est sécurisé. Le personnel n’a aucun problème pour se rendre à son lieu de travail, et aucun résident n’a donc été mis en danger.

Le 20 mai 2016,

Marie Lucile Calmettes